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Dans le cadre de ce concours international, le concept du 2nd Sejong Center for Performing Arts, conçu par ACDF Architecture en collaboration avec WAA architectes de paysage, propose une reconfiguration ambitieuse de Yeouido, en tissant un lien organique entre Yeouido Park et Hangang Park. L’intervention se matérialise par le soulèvement du couvert végétal qui, par translation, génère un voile bâti. Ce geste donne naissance à un bâtiment-passerelle, reliant le parc central de l’île au parc riverain du fleuve Han, et affirmant Yeouido comme un nouveau cœur culturel de la capitale.
Le voile ainsi déployé adopte une morphologie fluide, dont les lignes rappellent le profil lointain des montagnes qui forment le fond paysager de Séoul. Cette résonance confère à l’édifice une souplesse formelle et une élégance discrète, où la monumentalité s’exprime non par la rigidité mais par la continuité du geste paysager. Sur sa surface, la création d’une forêt nourricière transforme l’architecture en écosystème fertile, prolongeant la vocation du site comme lieu de sociabilité, d’apprentissage et de partage.
À l’intérieur, les halls préfonctionnels des différentes salles traduisent cette même volonté d’intégrer la nature au cœur de l’expérience spatiale. Ces espaces de transition offrent une atmosphère de douceur, où la lumière naturelle est subtilement modulée par un système de bacs de plantation superposés. Les interstices entre ces strates végétales permettent la pénétration de rays of light, qui structurent l’espace par une gradation allant de l’éclat vers la pénombre. Ce dispositif paysager et constructif produit une matérialité atmosphérique unique : la lumière, filtrée par la densité végétale, devient génératrice d’ambiance et de confort, transformant les temps d’attente en moments d’expérience architecturale.
Ainsi conçu, le 2nd Sejong Center for Performing Arts dépasse la fonction d’un simple édifice culturel pour se définir comme une médiation habitée entre l’énergie urbaine de Séoul et la fluidité du fleuve Han, entre l’horizontalité du sol et la verticalité des montagnes. Par sa forme, sa matérialité et son articulation avec le paysage, il devient un pont vivant, affirmant Yeouido comme un territoire culturel ancré dans le temps, la nature et la communauté.